Cinq ans après le premier épisode, Pendulo Studios remettait le couvert : Runaway 2: The Dream of the Turtle débarquait sur PC fin 2006, avec des graphismes refaits, un Brian relooké façon surfeur et un dépaysement total direction Hawaï. Deuxième volet de la trilogie Runaway, c’est l’épisode le plus décalé des trois — celui où les extraterrestres débarquent dans la série. Fiche, histoire, gameplay et avis : voici tout ce qu’il faut savoir avant de sauter en parachute. Et si tu bloques, notre soluce complète de Runaway 2 est là pour te dépêtrer de l’île Mala.
Fiche technique
- Titre : Runaway 2: The Dream of the Turtle
- Genre : aventure graphique / point & click
- Développeur : Pendulo Studios (Madrid)
- Éditeur : Focus Home Interactive en France
- Sorties : fin 2006 sur PC (2007 au Royaume-Uni), puis Nintendo DS en 2007 et Wii en 2009
- Structure : six chapitres, narrés par Brian qui raconte ses mésaventures à Sushi par messagerie instantanée
- Note perso : 7,5/10 — plus beau et plus fou que le premier, mais tronqué par son cliffhanger
L’histoire : des vacances qui tournent au cauchemar tropical
Brian et Gina sont désormais officiellement en couple et s’offrent des vacances bien méritées à Hawaï. Pour couronner le tout, Brian réserve un petit vol touristique au-dessus des îles. Mauvaise idée : l’avion décroche, le pilote est hors d’état de nuire, et Brian donne à Gina le seul parachute de bord avant de tenter un atterrissage d’urgence. Gina atterrit sur l’île Mala — occupée par l’armée américaine du colonel Kordsmeier, un militaire au cigare vissé aux dents qui n’apprécie pas les civils sur son territoire.
Et pour cause : l’armée y garde l’épave d’un OVNI écrasé, avec des formes de vie extraterrestres et un mystérieux minerai, la Trantonite. Pour retrouver Gina, Brian va devoir sympathiser avec les habitants de l’île, se déguiser en professeur pour infiltrer des ruines antiques et échapper à des assassins de sang-froid — dont la redoutable Tarantula, qui élimine ses cibles à l’aide d’araignées venimeuses. Oui, la série assume désormais complètement son virage science-fiction, jusqu’à un artefact capable de plier l’espace et le temps.
Le gameplay : plus fluide, toujours tordu
Runaway 2 reste un point & click classique : exploration d’écrans fixes, inventaire, combinaisons d’objets, dialogues à choix. La prise en main est quasiment identique au premier épisode, avec les mêmes qualités et les mêmes travers : Brian refuse toujours de ramasser un objet tant qu’il n’a pas découvert à quoi il pourrait servir, ce qui impose de déclencher les bons dialogues avant de revenir fouiller les décors.
Les énigmes sont un cran plus cohérentes que dans le premier volet, mais Pendulo garde le sens de la combinaison improbable — l’exemple le plus célèbre reste cette « fourchette à temps » bricolée avec des outres de vin remplies de sable et un trident piqué à une statue. Oui, c’est absurde. Oui, le jeu s’en amuse presque lui-même. Les vétérans souriront, les débutants jureront. Dans tous les cas, notre solution détaillée de The Dream of the Turtle te guide chapitre par chapitre si tu tournes en rond.
Bonne idée apparue avec cet épisode : des descriptions d’objets interactifs parfois hilarantes, qui récompensent le joueur curieux. Prends le temps de survoler tous les points chauds, même sans cliquer — certains textes valent le détour.
Des tropiques à l’Alaska : une direction artistique en pleine forme
Visuellement, c’est un net progrès par rapport au premier Runaway. Les modèles 3D cel-shadés sont plus fins, les animations faciales moins rigides, et les décors dessinés à la main profitent d’une variété d’environnements superbe : plages et jungles tropicales, montagnes enneigées d’Alaska, haute mer. Brian lui-même a droit à un relooking complet — adieu l’étudiant coincé, bonjour le look surfeur décontracté (même si sa façon de parler n’a pas changé d’un pouce).
Côté son, Vera Dominguez revient prêter sa voix à plusieurs titres, même si la chanson d’ouverture, très « boys band », a divisé les fans. Le doublage français reste de bonne facture et sert bien l’humour du jeu.
Les points forts
- Des graphismes magnifiques et des environnements variés, des plages hawaïennes aux sommets de l’Alaska ;
- un ton plus assumé et décomplexé que dans le premier épisode, avec un vrai grain de folie SF ;
- des nouveaux personnages réussis : la serveuse Lokelani et ses innombrables ex, le sergent O’Conner, ce militaire pas très futé qu’on manipule avec délice ;
- un dernier chapitre onirique à bord d’un navire du XVᵉ siècle, truffé de clins d’œil à Monkey Island — avec un lémurien alcoolique qui vole la vedette à tout le monde ;
- des portages DS et Wii soignés, avec une interface au stylet ou à la Wiimote bien pensée.
Les points faibles
- Le retour de Joshua, le complotiste agaçant du premier épisode, promu compagnon de route — et source de la moitié de tes problèmes ;
- Gina, pourtant en couverture du jeu, est quasiment absente de l’aventure ;
- une intrigue très élaborée mais qui prend son temps, avec de longs dialogues pas toujours indispensables ;
- et surtout, ce cliffhanger final qui laisse tout en suspens — frustrant si tu n’as pas la suite sous la main.
Verdict : à qui ça plaira ?
Runaway 2: The Dream of the Turtle est la suite logique et assumée du premier opus : si tu as aimé A Road Adventure, tu retrouves la même recette en plus belle et en plus déjantée. Si tu découvres la série, mieux vaut commencer par le début — l’histoire est une vraie continuation, avec des personnages récurrents et des références permanentes au premier volet. Et surtout, enchaîne directement avec la fiche de l’épisode 3, qui boucle toutes les intrigues et offre à la trilogie sa véritable conclusion.
Petit conseil de survie pour l’île Mala : parle à tout le monde, épuise chaque option de dialogue, et méfie-toi des apparences — dans cet épisode, même une tortue peut cacher un secret. Bon atterrissage.