Bloqué sur une énigme du premier Runaway, ou simplement curieux de (re)découvrir là où tout a commencé ? Tu es au bon endroit. Runaway: A Road Adventure est le premier épisode de la saga point & click de Pendulo Studios, celui qui a révélé Brian Basco et Gina Timmins en Espagne en 2001, avant sa diffusion internationale en 2003. Fiche technique, histoire, gameplay, avis argumenté : on fait le tour complet, et si une énigme te résiste, notre soluce complète du premier Runaway t’attend juste à côté.
Fiche technique
- Titre : Runaway: A Road Adventure
- Genre : aventure graphique / point & click en 2D
- Développeur : Pendulo Studios (Madrid, Espagne)
- Éditeurs : Dinamic Multimedia en Espagne, Focus Home Interactive en France
- Sortie : juillet 2001 en Espagne sur PC (Windows) ; diffusion internationale en 2003 ; rééditions et portage iOS dans les années 2010
- Structure : six chapitres, racontés en flashback par Brian
- Note perso : 8/10 — imparfait, mais attachant et visuellement splendide
L’histoire : un étudiant, une danseuse et un crucifix hopi
Brian Basco est un étudiant en physique un brin maladroit, prêt à quitter New York pour la Californie et une belle carrière universitaire. C’était sans compter sur Gina Timmins, une danseuse de cabaret qu’il renverse accidentellement avec sa voiture en pleine nuit new-yorkaise. Direction l’hôpital — où Brian apprend que la jeune femme a été témoin du meurtre de son père et qu’elle est poursuivie par des tueurs qui en veulent à un mystérieux crucifix que ce dernier lui a légué.
Évidemment, Brian décide de l’aider. Évidemment, tout va mal tourner. La croix s’avère être un artefact de la tribu hopi, les gangsters kidnappent les deux héros, et Brian se retrouve seul pour sauver Gina et percer le secret de l’artefact. L’aventure traverse les États-Unis : de New York au désert de l’Arizona, d’un musée poussiéreux aux ruines amérindiennes, en passant par une bicoque gardée par des militaires pas très futés. Le tout est raconté par Brian lui-même, assis face caméra au début de chaque chapitre, façon confessionnal — un parti pris narratif qui a divisé à l’époque mais qui donne au jeu une vraie identité.
Le gameplay : du point & click à l’ancienne
Côté mécaniques, Runaway: A Road Adventure est un point & click pur jus : tu explores des écrans fixes, tu ramasses des objets dans ton inventaire, tu les combines et tu les utilises sur les décors ou les personnages. Les dialogues à choix multiples font avancer l’intrigue, et chaque chapitre pose ses propres casse-têtes.
Deux particularités à connaître avant de te lancer. D’abord, Brian refuse de ramasser certains objets tant qu’il n’en a pas trouvé l’utilité : si tu bloques, c’est souvent qu’un dialogue ou un déclencheur t’a échappé quelque part. Ensuite, certaines zones cliquables sont petites — très petites. Le fameux « pixel hunting » dont les vieux joueurs se souviennent avec un frisson. Quand tu tournes en rond, passe systématiquement ta souris sur chaque centimètre d’écran, y compris les rebords de fenêtres et les coins d’ombres.
Les énigmes elles-mêmes oscillent entre le logique et le franchement loufoque : prépare-toi à fabriquer du beurre de cacahuète « maison » pour attirer des fourmis, ou à trafiquer des lunettes de soleil pour duper une accro au bronzage. C’est absurde ? Oui. C’est assumé ? Totalement. Et si la logique Pendulo te dépasse, notre solution pas à pas de Runaway: A Road Adventure te débloque sans te gâcher le plaisir, chapitre par chapitre.
Une direction artistique qui n’a pas pris une ride
C’est simple : en 2001, aucun autre point & click ne ressemblait à ça. Les décors sont dessinés à la main et scannés en haute résolution pour l’époque (1024×768), avec un dégradé de couleurs qui va crescendo au fil de l’aventure — le désert de l’Arizona et les ruines finales sont encore aujourd’hui de toute beauté. Les personnages, eux, sont modélisés en 3D puis passés au cel-shading avec une fréquence d’images volontairement limitée, pour imiter l’animation traditionnelle. Le résultat évoque un long-métrage de dessin animé interactif, et c’est toujours agréable à regarder plus de vingt ans après.
Mention spéciale à la bande-son : la chanson d’ouverture, « Runaway », est interprétée par Vera Dominguez (alors chanteuse du groupe espagnol Liquor) — un titre pop entêtant qui colle parfaitement au ton du jeu et que tu te surprendras à fredonner.
Petit détail technique qui a son importance pour les joueurs modernes : les rééditions récentes du jeu tournent sans problème sur les PC actuels, et l’interface vieillit bien puisqu’il suffit d’une souris. Seules les cinématiques, avec leurs visages un peu rigides en gros plan, trahissent l’âge du titre. Rien de rédhibitoire : le charme opère dès les premières minutes.
Les points forts
- Des graphismes somptueux, parmi les plus beaux du genre à l’époque ;
- une galerie de seconds rôles mémorables : Sushi la geek et sa bande de hippies, Joshua le complotiste obsédé par les ovni, le trio de travestis échoué dans le désert ;
- un rythme de road movie qui change régulièrement de décor ;
- une VF de qualité et un humour très « cinéma américain », entre clins d’œil et parodies.
Les points faibles
- Des énigmes parfois illogiques, qui demandent d’épouser la logique tordue des développeurs ;
- du pixel hunting pénible sur certaines scènes ;
- un héros volontairement geignard qui peut agacer sur la durée ;
- un ton qui hésite entre comédie légère et thriller mafieux, pas toujours bien équilibré.
Verdict : à qui ça plaira ?
Si tu as aimé Monkey Island, Broken Sword ou Les Chevaliers de Baphomet, Runaway: A Road Adventure est une étape obligatoire : c’est l’un des jeux qui ont prouvé, en pleine traversée du désert du point & click, que le genre avait encore un avenir. Les néophytes préféreront peut-être commencer par le troisième épisode, plus accessible, mais commencer par celui-ci permet de suivre toute l’évolution de Brian — et de profiter pleinement de la suite, The Dream of the Turtle, qui reprend cinq ans plus tard.
Mon conseil de vieux fan : joue avec un carnet à côté, note les indices des dialogues, et ne t’acharne pas plus d’une demi-heure sur une énigme — c’est précisément pour ça que nos soluces existent. Bon voyage sur les routes américaines, et garde un œil sur le rétroviseur.